La réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) nécessite des efforts importants pour mobiliser des financements et des investissements dans des secteurs qui contribuent à favoriser le développement durable pour les personnes, la planète et la prospérité. Le secteur agroalimentaire est reconnu comme l’un des dix secteurs d’investissement prioritaires des ODD, en raison de son fort potentiel à contribuer à l’éradication de la pauvreté et de la faim, ainsi qu’à la création d’une croissance durable et d’emplois décents.

« Stimuler et pérenniser les investissements des jeunes dans l’agriculture et les systèmes alimentaires. » Etude réalisée en 2015 par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture

Le rôle des secteurs public et privé

Le secteur privé devrait fournir l’essentiel des investissements nécessaires pour atteindre les ODD. Cependant, des interventions stratégiquement ciblées du secteur public seront essentielles pour stimuler une croissance durable générée, à son tour, par les investissements du secteur privé. Les investissements publics, les stratégies de promotion des investissements et un environnement général favorable sont des catalyseurs des investissements privés alignés sur les stratégies nationales de développement.

À cet égard, il est de plus en plus reconnu que les mesures qui autonomisent les jeunes agri-entrepreneurs devraient être un élément clé d’une telle stratégie de promotion des investissements centrée sur le développement durable. La réalisation même de la sécurité alimentaire des générations futures, la transformation durable des systèmes alimentaires et la lutte contre le chômage et les migrations de détresse dépendent toutes de la mise en œuvre réussie de stratégies qui rendent le secteur agroalimentaire plus attractif pour les jeunes. Cela, à son tour, nécessite des réponses politiques intelligentes qui aideront les jeunes investisseurs à surmonter les nombreux obstacles auxquels ils sont confrontés : le manque d’accès au financement, à la terre, à l’information et aux services techniques – pour ne citer que les plus cruciaux.

Contexte de l’étude, enjeux et objectifs

Depuis 2017, c’est en effectuant des analyses de capacités participatives et des processus de planification stratégique avec et pour les jeunes que la FAO a fourni un soutien à l’Afrique et à l’Asie du Sud-Est dans le but d’identifier les principales difficultés et les bonnes pratiques qui se présentent aux jeunes agri-entrepreneurs. Ce rapport résume les principales conclusions et leçons tirées du travail de la FAO avec onze pays africains : Côte d’Ivoire, Guinée Conakry, Malawi, Mali, Mauritanie, Mozambique, Namibie, Sénégal, Afrique du Sud, Tunisie et Ouganda. L’organisation a eu pour recours la Boîte à outils de planification stratégique «Permettre aux jeunes agri-entrepreneurs d’investir dans l’agriculture et les systèmes alimentaires».

Ce rapport a pour objet de présenter une vue d’ensemble des principaux défis politiques et des bonnes pratiques qui ont été identifiés dans ces évaluations, ainsi que des recommandations générales pour les décideurs. Tout d’abord, il présente les principaux indicateurs socio-économiques des onze pays africains et propose un regroupement en différents groupes.

Ensuite, il examine les défis politiques et les bonnes pratiques qui contribueront à faciliter l’accès des jeunes au financement, à la terre, aux services et informations techniques. Finalement, il analyse l’engagement actuel des organisations de jeunes agri-entrepreneurs dans les processus d’élaboration des politiques. Et pour terminer, le rapport propose cinq recommandations clés pour les décideurs.

Quelles mesures pour soutenir les agri-entrepreneurs ?

Le corpus de données empiriques généré par ce travail suggère que le renforcement des mesures d’incitation à l’investissement qui autonomisent spécifiquement les jeunes agri-entrepreneurs est essentiel pour accroître l’attractivité du secteur agroalimentaire pour les jeunes et pour stimuler leurs investissements. Ces mesures de soutien comprennent des incitations financières, notamment des programmes de prêts concessionnels et non concessionnels ainsi que des garanties de prêts, des informations et services techniques et des programmes de distribution des terres. Ces incitations ne seront cependant efficaces que si la politique générale et les cadres juridiques autonomisent les jeunes agri-entrepreneurs, au lieu de les désavantager par manque d’attention. À son tour, tant l’efficacité des incitations que la création d’un tel environnement favorable aux jeunes agri-entrepreneurs dépendent de l’implication active et de la participation des organisations de jeunes agri-entrepreneurs aux processus d’élaboration des politiques.

Alors que des efforts importants ont été consentis et que des ressources ont été mobilisées dans un ou plusieurs de ces domaines par les onze pays sur lesquels se base cette étude, le rapport conclut qu’il serait souhaitable de se concentrer davantage sur les jeunes dans la promotion des investissements agricoles et qu’en outre, les obstacles qui peuvent compromettre l’efficacité des programmes d’incitation existants demeurent.

5 recommandations de la FAO

  1. Élaborer des critères de ciblage clairs qui déterminent les conditions d’accès aux programmes d’incitation pour garantir que ces appuis correspondent aux besoins de développement national et maximisent le rendement sur l’investissement, tant pour les jeunes bénéficiaires que pour les agences gouvernementales.
  2. Fournir des ensembles d’incitations plutôt que des interventions de soutien autonomes ou isolées. En combinant des prêts avec des subventions d’investissement, des services d’incubation, d’encadrement et de mentorat, les chances d’avoir un retour sur investissement durable dans la jeunesse peuvent être beaucoup plus élevées qu’à travers des programmes isolés et des efforts dispersés.
  3. Veiller à ce que la politique générale et le cadre juridique renforcent les investissements des jeunes agri-entrepreneurs au lieu de les entraver. Même lorsque des régimes d’incitation cohérents et bien structurés sont en place, ceux-ci ne sont efficaces que si la politique générale et le cadre juridique autonomisent les jeunes agri-entrepreneurs.
  4. Mettre au point une stratégie de communication adaptée aux jeunes et au contexte qui cherche à atteindre les jeunes en utilisant leurs moyens de communication préférés, tels que les réseaux sociaux, les plates-formes Web, la télévision ou les radios rurales.
  5. Faire participer les jeunes aux processus d’élaboration des politiques, à la fois en les impliquant activement dans les consultations multipartites et le dialogue politique, et en envisageant de soutenir une partie tierce neutre pour renforcer leurs capacités là où les organisations de jeunesse ne sont pas encore bien développées.

Auteur de l’étude


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *